Le texte de José Quiroga sur son oeuvre


Après les paysages vides d'avant l'Homme, ou ceux pétrifiés d'un Après à venir, des villes apparaissent, souvenirs archéologiques ou Cités encore enfouies dans la Mémoire.

De grands corps, vides, Déméter ? Perséphone ? semblent errer, se cherchent : l'une semble saisie d'effroi ou d'angoisse.

Sont cela des corps qui meurent, de grandes figures mythologiques qui s'évanouissent sous les Lunes mortes et Soleils noirs d'un Ailleurs chaque fois recommencé dans l'inconscient collectif ?

Ces mannequins vides, ces transparentes statues de terre dans leurs membranes argileuses qui donnent l'impression de sortir des gigantesques soubresauts génésiques de Monts qui ne sont pas faits de terre ni de sable, mais d'une sorte de chair en attente d'une création parfaite et définitive à venir, posent leur interrogation sur le destin de l'Etre Humain et sur l'éphémère de sa création.

Dans le perpétuel chaos de l'Univers, Isis continue de chercher Osiris dans le limon terrestre et Perséphone d'accompagner Hadès son infernal époux.

Mais ce ne sont là que des images que vous propose un peintre qui aime à rêver d'Ailleurs. Il vous laisse le champ libre pour que vous aussi apportiez vos réponses à d'éternelles questions.

Que ces images connues ou inconnues : visions furtives et pourtant tenaces qui me hantent soient pour vous des supports à la méditation, comme elles sont pour moi dans ma "Camera Oscura"

Février 1982

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